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ANNEXES
Les rois doivent rechercher la sagesse
| ANCIEN TESTAMENT / LIVRES SAPIENTIAUX / SAGESSE (livre 27) |
| Ch. | Ve. | |
| 6 | 1 | Ecoutez donc, ô rois, et comprenez; écoutez l´instruction, vous qui jugez les extrémités de la terre. |
| 6 | 2 | Prêtez l´oreille, vous qui dominez sur la multitude, qui êtes fiers de commander à des foules de peuples. |
| 6 | 3 | Sachez que la force vous a été donnée par le Seigneur, et la puissance par le Très-Haut, qui examinera vos oeuvres et sondera vos pensées. |
| 6 | 4 | Parce que, étant les ministres de sa royauté, vous n´avez pas jugé avec droiture, ni observé la loi, ni marché selon la volonté de Dieu; |
| 6 | 5 | terrible et soudain, il fondra sur vous, car un jugement sévère s´exerce sur ceux qui commandent. |
| 6 | 6 | Aux petits, on pardonne par pitié; mais les puissants sont puissamment châtiés. |
| 6 | 7 | Le souverain de tous ne reculera devant personne, il ne s´arrêtera par respect devant aucune grandeur; car il a fait les grands et les petits, et il prend soin des uns comme des autres. |
| 6 | 8 | Mais les puissants seront soumis à une épreuve plus rigoureuse. |
| 6 | 9 | C´est donc à vous, ô rois, que s´adressent mes discours, afin que vous appreniez la sagesse et que vous ne tombiez point. |
| 6 | 10 | Ceux qui observent saintement les saintes lois seront sanctifiés, et ceux qui les auront apprises auront de quoi répondre. |
| 6 | 11 | Mettez donc vos complaisances dans mes paroles, désirez-les, et vous aurez l´instruction. |
| 6 | 12 | La sagesse est brillante, et son éclat ne se ternit pas; facilement on l´aperçoit quand on l´aime, facilement on la trouve quand on la cherche. |
| 6 | 13 | Elle prévient ceux qui la cherchent, et se montre à eux la première. |
| 6 | 14 | Celui qui se lève matin pour la chercher n´a pas de peine : il la trouve assise à sa porte. |
| 6 | 15 | Car penser à elle, c´est la perfection de la prudence, et celui qui veille à cause d´elle sera bientôt libre de soucis; |
| 6 | 16 | elle-même va de tous côtés chercher ceux qui sont dignes d´elle, elle se montre amicalement à eux dans leurs voies, et les assiste dans tous leurs desseins. |
| 6 | 17 | En effet, son commencement le plus assuré est le désir de l´instruction. |
| 6 | 18 | Or le soin de l´instruction conduit à l´amour, l´amour fait qu´on obéit à ses lois, l´obéissance à ses lois assure l´immortalité, |
| 6 | 19 | et l´immortalité donne une place près de Dieu. |
| 6 | 20 | Ainsi le désir de la sagesse conduit à la royauté. |
| 6 | 21 | Si donc, ô rois des peuples, vous mettez votre plaisir dans les trônes et le sceptre, honorez la sagesse, afin de régner éternellement. |
| 6 | 22 | Mais ce qu´est la sagesse et son origine, je vais l´exposer, sans vous cacher les mystères de Dieu. Je remonterai jusqu´au début de la création, je mettrai au grand jour ce qui la concerne, et je ne m´écarterai pas de la vérité. |
| 6 | 23 | Loin de moi de faire route avec l´envie dévorante ! Elle n´a rien de commun avec la sagesse. |
| 6 | 24 | Le grand nombre des sages fait le salut de la terre, et un roi sage la prospérité de son peuple. |
| 6 | 25 | Recevez donc l´instruction par mes paroles, et vous vous en trouverez bien. |
| 7 | 1 | Je suis moi-même un mortel, semblable à tous et descendant du premier qui fut formé de terre. |
| 7 | 2 | J´ai été formé quant à la chair dans le sein de ma mère, pendant dix mois prenant consistance dans le sang, par la semence de l´homme, durant le repos du sommeil. |
| 7 | 3 | Moi aussi, à ma naissance, j´ai respiré l´air commun à tous, je suis tombé sur la même terre, et, comme celui de tous, mon premier cri fut un gémissement. |
| 7 | 4 | J´ai été élevé dans des langes et avec des soins infinis. |
| 7 | 5 | Aucun roi n´a eu un autre commencement d´existence. |
| 7 | 6 | Il n´y a pour tous qu´une seule manière d´entrer dans la vie et d´en sortir. |
| 7 | 7 | C´est pourquoi j´ai prié, et la prudence m´a été donnée; j´ai invoqué, et l´esprit de sagesse est venu en moi. |
| 7 | 8 | Je l´ai préférée aux sceptres et aux couronnes, et j´ai estimé de nul prix les richesses auprès d´elle. |
| 7 | 9 | Je ne lui ai pas égalé les pierres les plus précieuses, car tout l´or du monde n´est auprès d´elle qu´un peu de sable, et l´argent, à côté d´elle, doit être estimé comme de la boue. |
| 7 | 10 | Je l´ai aimée plus que la santé et la beauté; j´ai préféré la posséder plutôt que la lumière, car son flambeau ne s´éteint jamais. |
| 7 | 11 | Avec elle me sont venus tous les biens, et des richesses innombrables sont dans ses mains. |
| 7 | 12 | Et je me suis réjoui de tous ces biens, car la sagesse les amène avec elle; j´ignorais pourtant qu´elle en était la mère. |
| 7 | 13 | Je l´ai apprise sans arrière-pensée, et je ne cache point ses trésors. |
| 7 | 14 | Car elle est pour les hommes un trésor inépuisable; ceux qui en usent ont part à l´amitié de Dieu, à qui les recommandent les dons acquis par l´instruction. |
| 7 | 15 | Que Dieu me donne d´en parler comme je le voudrais, et de concevoir des pensées dignes des dons que j´ai reçus ! Car c´est lui qui conduit la sagesse, et qui dirige les sages. |
| 7 | 16 | Nous sommes dans sa main, nous et nos discours, et toute la prudence et le savoir-faire. |
| 7 | 17 | C´est lui qui m´a donné la véritable science des êtres, pour me faire connaître la structure de l´univers, et les propriétés des éléments, |
| 7 | 18 | le commencement, la fin et le milieu des temps, les retours périodiques du soleil, les vicissitudes des temps, |
| 7 | 19 | les cycles des années et la position des étoiles, |
| 7 | 20 | la nature des animaux et les instincts des bêtes, la puissance des esprits et les raisonnements des hommes, les différentes espèces des plantes et la vertu des racines. |
| 7 | 21 | Tout ce qui est caché et à découvert, je l´ai appris; |
| 7 | 22 | car la sagesse, ouvrière de toutes choses, me l´a enseigné. En elle, en effet, il y a un esprit intelligent, saint, unique, multiple, immatériel, actif, pénétrant, sans souillure, infaillible, impassible, aimant le bien, sagace, ne connaissant pas d´obstacle, bienfaisant, |
| 7 | 23 | bon pour les hommes, immuable, assuré, tranquille, tout-puissant, surveillant tout, pénétrant tous les esprits, les intelligents, les purs et les plus subtils. |
| 7 | 24 | Car la sagesse est plus agile que tout mouvement; elle pénètre et s´introduit partout, à cause de sa pureté. |
| 7 | 25 | Elle est le souffle de la puissance de Dieu, une pure émanation de la gloire du Tout-puissant; aussi rien de souillé ne peut tomber sur elle. |
| 7 | 26 | Elle est le resplendissement de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l´activité de Dieu, et l´image de sa bonté. |
| 7 | 27 | Etant unique, elle peut tout; restant la même, elle renouvelle tout; se répandant, à travers les âges, dans les âmes saintes, elle en fait des amis de Dieu et des prophètes. |
| 7 | 28 | Dieu, en effet, n´aime que celui qui habite avec la sagesse. |
| 7 | 29 | Car elle est plus belle que le soleil, et que l´arrangement harmonieux des étoiles. Comparée à la lumière, elle l´emporte sur elle; |
| 7 | 30 | car la lumière fait place à la nuit, mais le mal ne prévaut pas contre la sagesse. |
| 8 | 1 | La sagesse atteint avec force d´un bout du monde à l´autre, et dispose tout avec douceur. |
| 8 | 2 | Je l´aimai et la recherchai dès ma jeunesse; je cherchai à l´avoir pour épouse, et j´étais épris de sa beauté. |
| 8 | 3 | Elle fait voir la gloire de son origine en ce qu´elle habite avec Dieu, et le maître de toutes choses l´aime. |
| 8 | 4 | Car c´est elle qui initie à la science de Dieu, et qui choisit parmi ses oeuvres. |
| 8 | 5 | Si la richesse est un bien désirable en cette vie, quoi de plus riche que la sagesse, qui opère toutes choses? |
| 8 | 6 | Si la prudence préside au travail, qui mieux que la sagesse est l´ouvrière de tout ce qui existe? |
| 8 | 7 | Aime-t-on la justice? Les labeurs de la sagesse produisent les vertus; elle enseigne la tempérance et la prudence, la justice et la force, ce qu´il y a de plus utile aux hommes pendant la vie. |
| 8 | 8 | Désire-t-on une science étendue? Elle connaît le passé et conjecture l´avenir; elle pénètre les discours subtils et résout les énigmes; elle connaît à l´avance les signes et les prodiges; elle sait les événements des temps et des époques. |
| 8 | 9 | Aussi ai-je résolu de la prendre pour compagne de ma vie, sachant qu´elle serait pour moi une conseillère de tout bien, et une consolation dans mes soucis et mes peines. |
| 8 | 10 | Par elle, me disais-je, j´aurai de la gloire dans les assemblées, et, jeune encore, de l´honneur auprès des vieillards. |
| 8 | 11 | On reconnaîtra ma pénétration dans les jugements, et devant moi les grands seront dans l´admiration. |
| 8 | 12 | Si je me tais, ils attendront que je prenne la parole; si je parle, ils tiendront les yeux fixés sur moi; et si je prolonge mon discours, ils mettront la main sur leur bouche. |
| 8 | 13 | Par elle, j´obtiendrai l´immortalité, et je laisserai à la postérité un souvenir éternel. |
| 8 | 14 | Je gouvernerai des peuples, et les nations étrangères me seront soumises. |
| 8 | 15 | En entendant parler de moi, des rois redoutables me craindront : je me montrerai bon au milieu du peuple, et vaillant à la guerre. |
| 8 | 16 | A mon retour dans ma maison, je me reposerai auprès d´elle; car sa société ne cause aucune amertume, ni son commerce aucun ennui, mais le contentement et la joie. |
| 8 | 17 | Méditant ces pensées en moi-même, et réfléchissant en mon coeur que l´immortalité est le fruit de l´union avec la sagesse, |
| 8 | 18 | qu´il y a dans son amitié une noble jouissance, et dans les oeuvres de ses mains des richesses inépuisables, qu´on acquiert la prudence dans un commerce assidu avec elle, et la gloire à prendre part à sa conversation : j´allai de tous côtés, cherchant le moyen de l´avoir avec moi. |
| 8 | 19 | J´étais un enfant d´un bon naturel, et j´avais reçu en partage une bonne âme; |
| 8 | 20 | ou plutôt, étant bon, je vins à un corps sans souillure. |
| 8 | 21 | Mais, sachant que je ne pourrais obtenir la sagesse si Dieu ne me la donnait, — et c´était déjà de la prudence que de savoir de qui vient ce don, — je m´adressai au Seigneur, et je l´invoquai, et je lui dis du fond de mon coeur : |