Cinquième Chant



ANCIEN TESTAMENT   /   LIVRES SAPIENTIAUX   /   CANTIQUE   (livre 26)

Ch.Ve. 
64Tu es belle, mon amie, comme Thirsa, charmante comme Jérusalem, mais terrible comme des bataillons.
65Détourne de moi tes yeux, car ils me troublent. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.
66Tes dents sont comme un troupeau de brebis, qui remontent du lavoir ; chacune porte deux jumeaux ; et parmi elles, il n´est pas de stérile.
67Ta joue est comme une moitié de grenade, derrière ton voile.
68Il y a soixante reines, quatre-vingts concubines, et des jeunes filles sans nombre :
69une seule est ma colombe, mon immaculée ; elle est l´unique de sa mère, la préférée de celle qui lui donna le jour. Les jeunes filles l´ont vue et l´ont proclamée bienheureuse ; les reines et les concubines l´ont vue et l´ont louée :
610" Quelle est celle-ci qui apparaît comme l´aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil, mais terrible comme des bataillons?"
611J´étais descendu au jardin des noyers, pour voir les herbes de la vallée, pour voir si la vigne pousse, si les grenadiers sont en fleurs.
612Je ne sais, mais mon amour m´a fait monter sur les chars de mon noble peuple.
71Reviens, reviens, Sulamite ? Reviens, reviens, afin que nous te regardions. L´ÉPOUX. Pourquoi regardez-vous la Sulamite, comme une danse de Machanaïm LE CHOEUR.
72Que tes pieds sont beaux dans tes sandales, fille de prince ! La courbure de tes reins est comme un collier, oeuvre d´un artiste.
73Ton nombril est une coupe arrondie, où le vin aromatisé ne manque pas. Ton ventre est un monceau de froment, entouré de lis.
74Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d´une gazelle.
75Ton cou est comme une tour d´ivoire ; tes yeux sont comme les piscines d´Hésébon, près de la porte de cette ville populeuse. Ton nez est comme la Tour du Liban, qui surveille le côté de Damas.
76Ta tête est posée sur toi comme le Carmel, la chevelure de ta tête est comme la pourpre rouge ; un roi est enchaîné à ses boucles. L´ÉPOUX.
77Que tu es belle, que tu es charmante, mon amour, au milieu des délices !
78Ta taille ressemble au palmier, et tes seins à ses grappes.
79J´ai dit : je monterai au palmier, j´en saisirai les régimes. Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, le parfum de ton souffle comme celui des pommes,
710et ton palais comme un vin exquis! L´ÉPOUSE. Qui coule aisément pour mon bien-aimé, qui glisse sur les lèvres de ceux qui s´endorment.
711Je suis à mon bien-aimé, et c´est vers moi qu´il porte ses désirs.
712Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs; passons la nuit dans les villages.
713Dès le matin nous irons aux vignes, nous verrons si la vigne bourgeonne, si les bourgeons se sont ouverts, si les grenadiers sont en fleurs; là je te donnerai mon amour.
714Les mandragores font sentir leur parfum, et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits; les nouveaux et aussi les vieux : mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi.
81Oh ! que ne m´es-tu un frère, qui aurait sucé les mamelles de ma mère ! Te rencontrant dehors, je t´embrasserais, et on ne pourrait me mépriser.
82Je t´amènerais, je t´introduirais dans la maison de ma mère : tu m´enseignerais ; et je te ferais boire du vin aromatisé, le jus de mes grenades.
83Sa main gauche est sous ma tête, et sa droite me tient embrassée. L´ÉPOUX.
84Je vous en conjure, filles de Jérusalem, n´éveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée; avant qu´elle le veuille. LE CHOEUR.
85Quelle est celle-ci qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé? L´ÉPOUX. Je t´ai réveillée sous le pommier; là, ta mère t´a conçue ; là, elle t´a conçue, là, elle t´a donné le jour.
86Mets-moi comme un sceau sur ton coeur, comme un sceau sur ton bras ; car l´amour est fort comme la mort, la jalousie est inflexible comme le schéol. Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de Yahweh.
87Les grandes eaux ne sauraient éteindre l´amour, et les fleuves ne le submergeraient pas. Un homme donnerait-il pour l´amour toutes les richesses de sa maison, on ne ferait que le mépriser. LE CHOEUR.