AIMER DIEU ET ...
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ANNEXES
Tous ceux qui me voyaient m'approuvaient
| ANCIEN TESTAMENT / LIVRES SAPIENTIAUX / JOB (livre 22) |
| Ch. | Ve. | |
| 29 | 1 | Job reprit encore son discours et dit: |
| 29 | 2 | Oh! Qui me rendra les mois d´autrefois, les jours où Dieu veillait à ma garde; |
| 29 | 3 | quand sa lampe brillait sur ma tête, et que sa lumière me guidait dans les ténèbres! |
| 29 | 4 | Tel que j´étais aux jours de mon âge mûr, quand Dieu me visitait familièrement dans ma tente, |
| 29 | 5 | quand le Tout-Puissant était encore avec moi, et que mes fils m´entouraient; |
| 29 | 6 | quand je lavais mes pieds dans le lait, et que le rocher me versait des flots d´huile! |
| 29 | 7 | Lorsque je sortais pour me rendre à la porte de la ville, et que j´établissais mon siège sur la place publique, |
| 29 | 8 | en me voyant, les jeunes gens se cachaient, les vieillards se levaient et se tenaient debout. |
| 29 | 9 | Les princes retenaient leurs paroles, et mettaient leur main sur la bouche. |
| 29 | 10 | La voix des chefs restait muette, leur langue s´attachait à leur palais. |
| 29 | 11 | L´oreille qui m´entendait me proclamait heureux, l´oeil qui me voyait me rendait témoignage. |
| 29 | 12 | Car je sauvais le pauvre qui implorait du secours, et l´orphelin dénué de tout appui. |
| 29 | 13 | La bénédiction de celui qui allait périr venait sur moi, je remplissais de joie le coeur de la veuve. |
| 29 | 14 | Je me revêtais de la justice comme d´un vêtement, mon équité était mon manteau et mon turban. |
| 29 | 15 | J´étais l´oeil de l´aveugle, et le pied du boiteux. |
| 29 | 16 | J´étais le père des pauvres, j´examinais avec soin la cause de l´inconnu. |
| 29 | 17 | Je brisais la mâchoire de l´injuste, et j´arrachais sa proie d´entre les dents. |
| 29 | 18 | Je disais : « Je mourrai dans mon nid, j´aurai des jours nombreux comme le sable. |
| 29 | 19 | Mes racines s´étendent vers les eaux, la rosée passe la nuit dans mon feuillage. |
| 29 | 20 | Ma gloire reverdira sans cesse, et mon arc reprendra sa vigueur dans ma main. » |
| 29 | 21 | On m´écoutait et l´on attendait, on recueillait en silence mon avis. |
| 29 | 22 | Après que j´avais parlé, personne n´ajoutait rien; ma parole coulait sur eux comme la rosée. |
| 29 | 23 | Ils m´attendaient comme on attend la pluie; ils ouvraient la bouche comme aux ondées du printemps. |
| 29 | 24 | Si je leur souriais, ils ne pouvaient le croire; ils recueillaient avidement ce signe de faveur. |
| 29 | 25 | Quand j´allais vers eux, j´avais la première place, je siégeais comme un roi entouré de sa troupe, comme un consolateur au milieu des affligés. |
| 30 | 1 | Et maintenant, je suis la risée d´hommes plus jeunes que moi, dont je n´aurais pas daigné mettre les pères parmi les chiens de mon troupeau. |
| 30 | 2 | Qu´aurais-je fait de la force de leurs bras? Ils sont privés de toute vigueur. |
| 30 | 3 | Desséchés par la misère et la faim, ils broutent le désert, un sol depuis longtemps aride et désolé. |
| 30 | 4 | Ils cueillent sur les buissons des bourgeons amers, ils n´ont pour pain que la racine des genêts. |
| 30 | 5 | On les écarte de la société des hommes, on crie après eux comme après le voleur. |
| 30 | 6 | Ils habitent dans d´affreuses vallées, dans les cavernes de la terre et les rochers. |
| 30 | 7 | On entend leurs cris sauvages parmi les broussailles, ils se couchent ensemble sous les ronces: |
| 30 | 8 | gens insensés, race sans nom, bannis avec mépris de la terre habitée! |
| 30 | 9 | Et maintenant je suis l´objet de leurs chansons, je suis en butte à leurs propos. |
| 30 | 10 | Ils ont horreur de moi, ils me fuient, ils ne détournent pas leur crachat de mon visage. |
| 30 | 11 | Ils se donnent libre carrière pour m´outrager, ils rejettent tout frein devant moi. |
| 30 | 12 | Des misérables se lèvent à ma droite, ils cherchent à ébranler mes pieds, ils frayent jusqu´à moi leurs routes meurtrières. |
| 30 | 13 | Ils ont bouleversé mes sentiers, ils travaillent à ma ruine, eux à qui personne ne porterait secours. |
| 30 | 14 | Ils fondent sur moi, comme par une large brèche, ils se précipitent parmi les décombres. |
| 30 | 15 | Les terreurs m´assiègent, ma prospérité est emportée comme un souffle, mon bonheur a passé comme un nuage. |
| 30 | 16 | Et maintenant, mon âme s´épanche en moi, les jours d´affliction m´ont saisi. |
| 30 | 17 | La nuit perce mes os, les consume, le mal qui me ronge ne dort pas. |
| 30 | 18 | Par sa violence, mon vêtement a perdu sa forme, il me serre comme une tunique. |
| 30 | 19 | Dieu m´a jeté dans la fange, je suis comme la poussière et la cendre. |
| 30 | 20 | Je crie vers toi, et tu ne me réponds pas; je me tiens debout, et tu me regardes avec indifférence, |
| 30 | 21 | Tu deviens cruel à mon égard, tu m´attaques avec toute la force de ton bras. |
| 30 | 22 | Tu m´enlèves, tu me fais voler au gré du vent, et tu m´anéantis dans le fracas de la tempête. |
| 30 | 23 | Car, je le sais, tu me mènes à la mort, au rendez-vous de tous les vivants. |
| 30 | 24 | Cependant celui qui va périr n´étendra-t-il pas les mains et, dans sa détresse, ne poussera-t-il pas un cri? |
| 30 | 25 | N´avais-je pas des larmes pour l´infortuné? Mon coeur ne s´est-il pas attendri sur l´indigent? |
| 30 | 26 | J´attendais le bonheur, et le malheur est arrivé; j´espérais la lumière, et les ténèbres sont venues. |
| 30 | 27 | Mes entrailles bouillonnent sans relâche, les jours d´affliction ont fondu sur moi. |
| 30 | 28 | Je marche dans le deuil, sans soleil; si je me lève dans l´assemblée, c´est pour pousser des cris. |
| 30 | 29 | Je suis devenu le frère des chacals, le compagnon des filles de l´autruche. |
| 30 | 30 | Ma peau livide tombe en lambeaux, mes os sont brûlés par un feu intérieur. |
| 30 | 31 | Ma cithare ne rend plus que des accords lugubres, mon chalumeau que des sons plaintifs. |