L'homme, né de la femme, que sa vie est courte!



ANCIEN TESTAMENT   /   LIVRES SAPIENTIAUX   /   JOB   (livre 22)

Ch.Ve. 
141L´homme né de la femme vit peu de jours, et il est rassasié de misères.
142Comme la fleur, il naît, et on le coupe; il fuit comme l´ombre, sans s´arrêter.
143Et c´est sur lui que tu as l´oeil ouvert, lui que tu amènes en justice avec toi!
144Qui peut tirer le pur de l´impur? Personne.
145Si les jours de l´homme sont comptés, si tu as fixé le nombre de ses mois, si tu as posé un terme qu´il ne doit pas franchir,
146détourne de lui tes yeux pour qu´il se repose, jusqu´à ce qu´il goûte, comme le mercenaire, la fin de sa journée.
147Un arbre a de l´espérance: coupé, il peut verdir encore, il ne cesse pas d´avoir des rejetons.
148Que sa racine ait vieilli dans la terre, que son tronc soit mort dans la poussière,
149dès qu´il sent l´eau, il reverdit, il pousse des branches comme un jeune plant.
1410Mais l´homme meurt, et il reste étendu; quand il a expiré, où est-il?
1411Les eaux du lac disparaissent, le fleuve tarit et se dessèche:
1412ainsi l´homme se couche et ne se relève plus, il ne se réveillera pas tant que subsistera le ciel, on ne le fera pas sortir de son sommeil.
1413Oh! Si tu voulais me cacher dans le séjour des morts, m´y tenir à couvert jusqu´à ce que ta colère ait passé, me fixer un terme où tu te souviendrais de moi!
1414Si l´homme une fois mort pouvait revivre! Tout le temps de mon service j´attendrais qu´on vînt me relever.
1415Tu m´appellerais alors, et moi je te répondrais; tu languirais après l´ouvrage de tes mains.
1416Mais hélas! Maintenant, tu comptes mes pas, tu as l´oeil ouvert sur mes péchés;
1417mes transgressions sont scellées dans une bourse, et tu mets un enduit sur mes iniquités.
1418La montagne s´écroule et s´efface; le rocher est transporté hors de sa place;
1419les eaux creusent la pierre, leurs flots débordés entraînent la poussière du sol: ainsi tu anéantis l´espérance de l´homme.
1420Tu l´abats sans retour, et il s´en va; tu flétris son visage, et tu le congédies.
1421Que ses enfants soient honorés, il n´en sait rien; qu´ils soient dans l´abaissement, il l´ignore.
1422Sa chair ne sent que ses propres souffrances, son âme ne gémit que sur elle-même. II – DEUXIÈME CYCLE DE DISCOURS. --Discours d´Eliphaz.--