Comme un lion il me poursuit



ANCIEN TESTAMENT   /   LIVRES SAPIENTIAUX   /   JOB   (livre 22)

Ch.Ve. 
101Mon âme est lasse de la vie; je donnerai libre cours à ma plainte, je parlerai dans l´amertume de mon coeur.
102Je dis à Dieu: Ne me condamne point; apprends-moi sur quoi tu me prends à partie.
103Trouves-tu du plaisir à opprimer, à repousser l´oeuvre de tes mains, à faire luire ta faveur sur le conseil des méchants?
104As-tu des yeux de chair, ou bien vois-tu comme voient les hommes?
105Tes jours sont-ils comme les jours de l´homme, ou bien tes années comme les années d´un mortel,
106pour que tu recherches mon iniquité, pour que tu poursuives mon péché,
107quand tu sais que je ne suis pas coupable, et que nul ne peut me délivrer de ta main?
108Tes mains m´ont formé et façonné, tout entier, et tu voudrais me détruire!
109Souviens-toi que tu m´as pétri comme l´argile: et tu me ramènerais à la poussière!
1010Ne m´as-tu pas coulé comme le lait, et coagulé comme le fromage?
1011Tu m´as revêtu de peau et de chair, tu m´as tissé d´os et de nerfs.
1012Avec la vie, tu m´as accordé ta faveur, et ta providence a gardé mon âme.
1013Et pourtant, voilà ce que tu cachais dans ton coeur: Je vois bien ce que tu méditais.
1014Si je pèche, tu m´observes, tu ne me pardonnes pas mon iniquité.
1015Suis-je coupable, malheur à moi! Suis-je innocent, je n´ose lever la tête, rassasié de honte, et voyant ma misère.
1016Si je me relève, tu me poursuis comme un lion, tu recommences à me tourmenter étrangement,
1017tu m´opposes de nouveaux témoins; tu redoubles de fureur contre moi, des troupes de rechange viennent m´assaillir.
1018Pourquoi m´as-tu tiré du sein de ma mère? Je serais mort, et aucun oeil ne m´aurait vu.
1019Je serais comme si je n´eusse jamais été, du sein maternel j´aurais été porté au sépulcre.
1020Mes jours ne sont-ils pas bien courts? Qu´il me laisse! Qu´il se retire et que je respire un instant,
1021avant que je m´en aille, pour ne plus revenir, dans la région des ténèbres et de l´ombre de la mort,
1022morne et sombre région, où règnent l´ombre de la mort et le chaos, où la clarté est pareille aux ténèbres. --Discours de Sophar.--